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Merci Virginie de m’avoir fait découvrir ce merveilleux roman et merveilleux est bien le mot, tant par la beauté du style, très poétique, très imagé (l’évocation des couleurs et des odeurs est superbe), que par la densité de l’histoire. Cette femme, Frasquita Carasco, couturière tellement douée que ce pouvoir ne peut être que magique, qui transforme telle une fée des bouts de chiffons en magnifiques robes et qui traîne dans son voyage d’Espagne au désert ses enfants, après avoir été jouée puis perdu par son mari dans un pari de combats de coq.

Chacun de leurs enfants possèdent également un don qui les aidera ou les desservira tour à tour. On rencontrera des révoltés menés par Salvador, Eugénio, un ogre (ou un pédophile?), Lucia une prostituée, des sages-femmes…

Ce roman est un voyage (pas étonnant alors qu’il ait obtenu le prix du Festival des écrivains voyageurs de St Malo)  et nous rappelle l’époque où l’on se racontait des contes lors des veillées. 

J’ai beaucoup aimé!

bonne année!

Certes, nous sommes le 21 janvier mais il est encore temps de fêter une bonne année. Je viens d’acheter le nouvel ouvrage de Charles Dantzig, ” Encyclopédie capricieuse du tout et du rien”, une succession de listes en tout genre ex “liste déplorable du désir”,” liste de choses proches”, “liste de la guerre des noms”,” liste des faits qui m’ont fait révêr un instant”, “liste de nourritues supposément infâmes que j’aime”, etc… un pur  bonheur à consulter, parfois drôle, souvent très érudit; cinq minutes à perdre, on ouvre ce livre au hasard et on se régale.

A mon tour de vous proposer une liste, celle des livres qui m’ont marquée en 2008 parmi tous ceux que j’ai lus:- « Gandhi » Jacques Attali ++

- « Mercure » Amélie Nothomb +++

- « Le Carnet d’Or » Doris Lessing +

- «  Ni d’Eve ni d’Adam » Amélie Nothomb +++

- « Le Rapport de  Brodek « Philippe Claudel ++++

- « L’élégance du hérisson » Muriel Barbery +++

- « Marie-Antoinette, l’insoumise » Simone Bertière ++++

- « Taj » Timeri Murari ++

- « Chaleur et poussière » Ruth Prawer Jhabvala ++

- « Sous l’oeil de Krishna » Sunny SINGH +++

- « Ouest » François Vallejo++++

- « La femme de l’Allemand » Marie Sizun +++ (très beau texte émouvant que j’ai lu d’une traite)

-«  Une histoire de la lecture » Alberto Manguel +++

- « Le Dieu des petits riens » A. Roy ++

- « Dracula » Bram Stoker +++ (délicieux!)

- « L’Américain » Henry James++

- « Porporino ou les mystères de Naples » Dominique Fernandez +++ (l’écriture de Fernandez est un vrai bonheur)

- ” Paradis conjugal” de Alice Ferney+++

- “Ce que le jour doit à la nuit” Yasmina Khadra +++

- “Là où les tigres sont chez eux” Jean-Marie Blas de Roblès +++

- “Apprendre à vivre” de Luc Ferry (+++)

- “Seul dans le noir” de Paul Auster (après “Le scriptorium”, très décevant, ce roman m’a fait revivre les joies de lecture de “La nuit de l’Oracle”)

Voilà peut-être quelques idées de lecture… 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai acheté ce livre par pur hasard, ne connaissant pas cet auteur russe contemporain, attirée par la couverture très libertine (une femme les cuisses à l’air lance un vêtement -sa culotte?) et par la quatrième de couverture: ce roman est inspiré de la correspondance entre Voltaire et Catherine II de Russie; l’auteur imagine une rencontre entre ces deux êtres, rencontre qui n’aura pas vraiment lieu mais réunira Voltaire et un émissaire de Catherine II; dans ce roman, nous croisons une multitude de personnages, très hauts en couleur; ce roman foisonne de références

historiques, de pensées de notre cher Voltaire et est écrit de façon assez libertine: il est très drôle même lorsque les évènements décrits le sont moins. Je me suis régalée à le lire alors qu’il s’agit d’un livre très dense (550 pages- éd.Babel) dans lequel il est facile de s’égarer à cause des noms russes impossibles à mémoriser.L’intrigue est centrée sur la rencontre des personnages sur l’île d’Ottets, l’avant et l’après, alors que les guerres et les luttes de succession et de pouvoir secouent l’Europe des Lumières.

En libraire, est paru au moins de septembre un numéro sur Voltaire du “Magazine littéraire”; j’ai pu ainsi relire sur ce brillant personnage, plein de contradictions, mais tellement moderne par certains côtés.

Ce roman est aussi une façon de découvrir Catherine II de Russie, dont le règne fut très mouvementé.

Bref, encore un bon moment de lecture…

L’auteur est sans doute bien connu des férus de littérature russe, car il n’en est pas à son coup d’essai. Il est né en 1932 en Sibérie où ses parents furent déportés; il est médecin de formation mais, déchu de sa nationnalité russe, il dut s’exiler aux Etats-Unis dans les années 80 où il enseigne la littérature russe. Il s’est fait notamment connaître du monde pour “Une saga moscovite”, épopée burlesque sur une famille de médecins sous Staline.

 

 

La femme de l’Allemand

auteure: Marie Sizun

Marion vit avec sa mère, Fanny, à Paris, quelques années après la fin de la guerre, rue Saint-Paul; Fanny est dessinatrice, un peu louffoque, mais ne voit plus ses parents, Maud et Henri, qui vivent avenue de Suffren. Seule la tante Elisa rend visite à Fanny et emmène Marion chez ses grand-parents pour quelques heures le dimanche  sauf pendant la maladie de Fanny (Marion a vécu alors plus longtemps chez ses grand-parents) Continuer à lire »

ouest

de François Vallejo

Tout débute par une photographie, retrouvée par l’auteur, celle d’un garde-chasse et de son chien. C’est l’histoire de ce garde-chasse, Lambert, qui nous est contée dans ce roman. Il voit arriver sur le domaine où il travaille (peut-être en Vendée), le jeune baron d’Aubépines, qui ne ressemble pas du tout à son père. Le jeune baron est anti royaliste et il pousse son garde-chasse à agir selon son désir; pour Lambert, ce n’est pas l’ordre des choses et les frasques de son maïtre le désarçonne, le déstabilise; et puis son maïtre reçoit des femmes… et quelles femmes, des peu recommandables qu’il raccompagne chez elles, et elles en racontent sur le baron…bref, la folie du baron va crescendo et la tension monte dans le récit. L’angoisse est d’autant mieux perceptible que le récit est construit à travers les pensées de Lambert et le style est haché.

j’ai beaucoup aimé ce huis-clos du XIXè siècle et ai fortement envie de découvrir d’autres oeuvres de cet auteur.

auteure: Sunny SINGH

Toujours en Inde! Krishna est une jeune Indienne, seule fille née dans la famille cinq cent ans après la malédiction de Mira, qui avait refusé de s’immoler au côté de son époux, comme cela était la coutume et qui renvoyée par sa famille et sa belle famille avait lancé cette prédiction: comme les filles sont maltraitées dans cette famille, plus aucune fille ne naitra! Krishna nait grâce à sa grand mère adorée, Dadidji. Elévée par ses grand-parents, elle suit des études de cinéma aux USA et revient en Inde après l’attentat du 11 septembre et quelques mois après le décès de sa grand-mère. La dernière volonté de sa grand-mère est qu’elle filme les derniers jours de Dayamanti, avocate, évoluant dans un milieu cultivé, qui a décidé de se faire “sati” (c’est-à-dire de s’immoler aux cotés de son époux, très malade et condamné). Ecartelée entre son propre parcours (notamment son expérience à l’étranger où elle a renoncé à son grand amour) et les rites et coutumes de son pays, Krishna s’interroge (et nous avec!) sur les motivations d’une femme à vouloir se jeter sur le bûcher; malheureusement, le roman ne donne pas beaucoup d’éléments de réponse, mais ce livre parle d’amour, de la difficulté de se situer lorsque l’on est écartelée entre deux cultures, de légendes indiennes (à travers les souvenirs de Krishna pour sa grand-mère). Dayamanti ira jusqu’au bout.

La coutume du “Sati” est un crime depuis une loi promulguée en 1829, mais quelques cas de Sati se sont encore produits dans certaines régions indiennes de façon sporadique (notamment en 2002). En Inde, les femmes veuves étaient mal vues; s’y rajoutaient des problèmes d’héritage du mari défunt et l’impossibilité pour la veuve de se remarier; ce sati n’était d’ailleurs pas toujours un suicide mais parfois un meurtre (on peut facilement imaginer que beaucoup de femmes ne se jetaient pas de leur plein gré dans le bûcher mais y étaient plutôt jetées).

J’ai beaucoup aimé ce roman; la couverture du livre est également très belle, mélange d’Inde traditionnelle et moderne.

 

Chaleur et poussière

de Ruth Prawer JHABVALA

C’est un roman écrit en 1975 dans les années hippies. La narratrice se rend en Inde sur les traces d’Olivia, la première épouse de son grand-père, Douglas, anglais qui vivait en Inde. L’histoire de la narratrice se passe en 1973, celle d’Olivia en 1923, soit 50 ans après.

Olivia fut à l’origine d’un immense scandale, car elle entretint une relation amoureuse avec un Nabab et finit par quitter son mari pour le Nabab. On imagine très bien à travers ce roman ce que devait être la vie de ces femmes de colons anglais, désoeuvrées, ayant du mal à trouver une place. Olivia est atypique dans le sens où elle est allée au devant des Indiens, curieuse de ce peuple et fascinée par le Nabab. La narratrice vit une histoire qui s’entremêle à celle d’Olivia. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce court roman.

L’auteur, Ruth Prawer Jhabvala, est d’origine polonaise et s’est marié avec un architecte indien qu’elle a connu pendant ses études en Angleterre et a vécu ensuite une bonne partie de sa vie en Inde. Ce roman a donné lieu à plusieurs interprétations cinématographiques.

Taj

Timeri N. MURARI (Inde)

Avec ce roman historique, nous voici plongé dans l’empire des Grands Moghols (1525-1700) et plus particulièrement dans l’Histoire de l’Empereur Shah Jahan et de sa femme Arjumand, qui mourut en couches vers 1630 et qui fut le grand amour de son mari. Nous avons un aperçu intéressant de la vie des Moghols avec des luttes fratricides pour l’accès au trône, dans des richesses fabuleuses.

Le livre décrit deux périodes:

- les chapitres impairs racontent l’histoire amoureuse du couple impérial, leur rencontre, l’impossibilité pour eux de s’unir dans un milieu où les mariages d’amour n’existent pas et où les rivalités sont monnaie courante, les difficultés pour Shah Jahan d’arriver sur le trône, après avoir du affronter les armées de son propre père, les enfants très nombreux du couple.

-les chapitres pairs situent l’action trente ans plus tard et narrent la construction du Taj Mahal

Simone Bertière

Alors que se tient au grand Palais une exposition consacrée à la reine Marie-Antoinette, je me devais de lire cette biographie, l’une des plus récentes consacrées à cette reine; il faut dire que j’ai lu énormément de livres la concernant, notamment un roman que je vous avais présenté narrant ses derniers jours à la Conciergerie; cette année, j’ai également lu “les diamants de la guillotine” de Combescot, ouvrage qui revient sur l’histoire du collier de la Reine, ainsi que la biographie de Zweig (j’ai également un faible pour cet auteur) et l’un des romans de Françoise Chandernagor “La Chambre” plutôt consacré aux derniers jours de Louis XVII. Bref, cette reine au destin tragique me fascine car je la crois très moderne; pour la première fois dans l’Histoire de France, elle a voulu être reconnue pour ce qu’elle était, s’affranchir du protocole de la Cour, en un mot, elle a revendiqué une indépendance qui lui a couté très cher; Simone Bertière est une historienne hors pair, qui a écrit un certains nombres d’ouvrages dédiés aux Reines de France, les reines au temps des valois, les femmes du roi Louix XIV, la reine et la Favorite (Marie Leczinska et la Pompadour) ainsi qu’une biographie sur le personnage mythique de Clytemnestre. Ces ouvrages se lisent comme des romans, dans lesquels on ne s’ennuie jamais, d’une limpidité incroyable (l’Histoire est souvent bien compliquée!).

 

Ap J-C

Vassilis Axelakis
Edition Stock
parution 28/2/2007
Grand Prix de l’Academie française 2007

Encore un auteur d’origine etrangere qui gagne un prix litteraire français. Et dire que nos adolescents malmènent cette langue, alors que d’autres enrichissent ses lettres de noblesse…

J’ai lu tellement de bons romans ces dernieres semaines que ma première critique a peut être été un peu dur. Un livre qui laisse la place à l’Histoire mais aussi au pamphlet religieux à l’encontre de ces moines du Mont Athos qui vivent en dehors du temps, appliquent “l’abaton ” loi qui interdit accès de leur île aux femmes, limitant l’accès et controlant les travaux archeologiques. Jouissant de richesses immobilieres et de  privilèges inconcevables, ils pèsent de tout leur poids sur la Grèce d’aujourd’hui.

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